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Homélies

Homélie pour le 13ème dim du temps ordinaire

Publiée le 28 Juin 2026 13:55, Auteur: Vincent Mahé

Première lecture : « Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)
Deuxième lecture : Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)
Évangile : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)


« Ta fidélité, c’est un amour bâti pour toujours » (Ps 88)

Scuplture de Rodin - la main de DieuL’évangile de St Matthieu que nous venons d’entendre est un extrait de ce qu’on appelle “le discours apostolique”. Il y a comme une avalanche de préceptes, l’un chassant l’autre.
A première vue on pourrait être choqué par ce que dit Jésus : Il parle de prendre sa croix, de le préférer à ses parents, de récompense, comme si nous avions une sorte de relation marchande avec Dieu.
N’oublions pas cependant que l’évangéliste a sans doute écrit ce texte dans un contexte de persécution.

En fait, Jésus nous rappelle l’exigence qu’il y a à le suivre. Ce n’est pas anodin, c’est à un changement de regard, à une nouvelle dynamique qu’il nous appelle, une renaissance.
C’est bien le sens du baptême que nous avons reçu : mourir à notre ancienne vie et vivre autrement avec Dieu dans notre vie quotidienne. Croire qu’il est avec nous sur la route et que rien de ce qui nous arrive ne lui est étranger.

Voilà en quoi cela rejoint les propos de St Paul : “Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.” (Rm 6, 8)

Quand on y réfléchit, il y a une certaine sagesse dans le fait de chercher à ordonner nos positions d’amour pour accéder à la plénitude de vie à laquelle Dieu nous appelle, lui qui nous connaît mieux que nous même. Car parfois nos parents, nos enfants, peuvent devenir comme des idoles qui nous empêchent d’orienter notre vie vers ce qui sera bon pour nous et nous permettra d’entrer dans le royaume.
Dieu n’est pas uniquement une idée, c’est un cœur qui veut transformer ton cœur.

Et il me semble que la renaissance la plus difficile (et pourtant la plus libérante) c’est celle qui consiste à redire notre confiance en Dieu, y compris lorsque nous traversons des difficultés. A la suite du psalmiste, pouvoir dire “Ta fidélité, c’est un amour bâti pour toujours” (Ps 88)

Les lectures d’aujourd’hui nous donnent l’occasion de redécouvrir un mot qui était davantage employé avant par les croyants et qui a disparu du langage quotidien, y compris chez nos ministres ordonnés : c’est le mot “Providence”.

La providence divine, c’est l’idée selon laquelle Dieu non seulement a créé l’univers, mais continue de le gouverner, de le soutenir et de le diriger avec sagesse et bonté, selon un plan orienté vers le bien et l’accomplissement de chacun.
La providence n’implique pas que tout soit agréable ou immédiatement compréhensible. Elle pose que même le mal, la souffrance et le péché sont intégrés dans un plan plus vaste (sans que Dieu en soit l’auteur direct, mais dont il peut se servir pour en tirer un bien).
La providence suppose de la part du croyant une foi indéfectible en la bonté de Dieu et surtout l’abandon à sa volonté.
C’est un grand mystère de la foi chrétienne.

La providence n’est possible qu’en établissant une juste relation d’alliance avec celui qui est au dedans de nous, plus intime à nous même que nous même (St Augustin, Confessions, livre III, chapitre 6,11).

Comme le disait si justement le père Joël Guibert dans une retraite qu’il prêchait sur la providence : Beaucoup trop de gens sont généreux pour Dieu mais ne laissent pas Dieu être généreux pour eux (et par eux, pour le monde). Il y a une seconde conversion à vivre après la première : laisser Dieu être généreux pour moi.
Dans notre société en recherche d’efficacité et de contrôle, on est dans le faire, pas assez dans le laisser faire. C’est une disposition qui n’a rien à voir avec “ne rien faire” (le quiétisme) et qui n’a rien à voir avec un “se laisser aller” (la paresse).
Il s’agit de recevoir ce que Dieu veut, pour que je le fasse.
C’est apprendre à recevoir Son faire.

La providence suppose l’acceptation de nos limites et de les percevoir non pas comme des obstacles mais plutôt comme des opportunités de grandir dans l’amour car elles nous obligent à faire appel aux autres et au Tout Autre.
Il me semble que c’est vraiment une des idées maîtresses qui apparaît au cœur de l’encyclique du pape Léon XIV qui vient de paraître.

Au paragraphe 118, il dit ceci : Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite.
(…)
119. C’est précisément dans notre nature limitée que trouvent leur place la compassion, la sincère préoccupation face aux besoins des autres, la générosité qui surprend même au milieu des ténèbres et de l’échec, l’expérience spirituelle et l’adoration de Dieu. Nous le constatons dans de nombreux moments où la limite se fait concrète dans notre vie, lorsque nous essuyons un refus, lorsque nous souffrons de la maladie ou de la mort d’un être cher, lorsque nous faisons l’expérience de l’incapacité ou de l’échec. Mystérieusement, c’est précisément dans ces moments-là que nous pouvons trouver une sagesse nouvelle, toucher de nos mains l’affection des gens et expérimenter la présence du Seigneur.

Voilà ce qui est constitutif de notre “magnifique humanité”.
Une humanité limitée certes, mais appelée à accepter l’union des volontés avec Dieu, pour vivre de Sa vie.
C’est cela qui a été manifesté dans sa plénitude en Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu. (*)

* lettre aux Philippiens, chap 2 : Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.

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Nos prédicateurs

Name : Jean-Claude Lemaître
Position : Curé de la paroisse

Je suis une personne handicapée physique de naissance, née le 15 novembre 1962.

Ordonné prêtre depuis juillet 1989, j’ai exercé mes ministères partagés entre ma mission en paroisse et auprès de plusieurs Mouvements et Services d’Église. De 2011 à 2020, j’ai vécu une première expérience à la paroisse St Augustin. Après un départ de trois ans vers sept missions, me voici nommé parmi vous, pour vous et avec vous, curé de la paroisse.

Ma vie de foi est soutenue par la source de Dieu à laquelle je puise dans la prière, la Parole de Dieu et l’eucharistie, et m’abreuve de la spiritualité de saint Charles de Foucauld. Les rencontres humaines sont également pour moi un lieu de « visitation » où je me laisse éclabousser par la présence de Jésus, en me « plongeant » dans son mystère pascal de vie, de mort et de Résurrection.

Je n’oublie pas de me mettre humblement à l’écoute du Souffle de Dieu, c’est lui qui fait l’unité de ma vie, qui m’appelle à la conversion et me titille, pour m’économiser et garder du temps pour moi.

« Je suis venu pour que les êtres humains aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »
Ce verset de Jean 10, 10 me booste, je suis un gourmet et même un passionné de vie.

Très attentionné à l’actualité de notre humanité, entre beauté et souffrance, je me définis comme un positif réaliste aimant les balades en pleine nature (accessibles, c’est mieux !), la lecture, la création artistique, la rencontre de l’autre différent de moi, l’humour, etc.

Name : Albert Kousbe
Position : Prêtre

Albert Kousbe est né en 1978 à Nango au Burkina Faso.

De 1999 à 2006, il fait ses études au grand séminaire. Il est ordonné prêtre le 1er juillet 2006 à Ouahigouya.

Sa devise sacerdotale est « Avec Toi Marie« .

De 2006 à 2008, il est professeur-éducateur au petit séminaire de Ouahigouya.
De 2008 à 2014, il est directeur diocésain de l’enseignement catholique de Ouahigouya.
De 2014 à 2021, il est curé de la paroisse Sainte Bernadette Soubirous de Boussou/Ouahigouya.

En septembre 2021, il est nommé prêtre auxiliaire de la paroisse Saint Augustin.

Il aime beaucoup la lecture et aller au cinéma. Il aime également jouer au football et faire de la marche.

Name : Paul Bosse-Platière
Position : Diacre

Paul Bosse-Platière (né en 1937) est diacre depuis 1982. Marié à Brigitte ; ils ont cinq enfants et onze petits-enfants. Ancien journaliste et notamment informateur religieux à Ouest-France. Il a assuré pendant plusieurs années un service d’accompagnement spirituel.

Name : Vincent Hallaire
Position : Diacre

Vincent Hallaire, né en 1954, a été ordonné diacre en 2013. Il est marié à Bénédicte, ils ont cinq enfants et treize petits-enfants.

Vincent était chercheur à l’INRAE. Il est aujourd’hui responsable diocésain du service de l’accompagnement spirituel. Sur la paroisse, il accompagne le groupe Présence.

Name : Vincent Mahé
Position : Diacre

Vincent Mahé a été ordonné diacre permanent le 1er mars 2020. Marié depuis 1998 avec Noëlie, il a 4 enfants.

Il est investi auprès des Collectifs du 6, rue de l’Hôtel Dieu, qui assurent une présence et un soutien auprès des personnes en grande précarité ou dans l’isolement.

Il travaille dans les laboratoires de recherche et développement d’Orange. Il est particulièrement sensible aux différentes formes d’exclusion numérique.

Depuis septembre 2024, il est délégué diocésain à l’œcuménisme.

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