Première lecture : « Tous furent remplis de l’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues » (Ac 2, 1-11)
Deuxième lecture : « C’est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps » (1 Co 12, 3b-7.12-13)
Évangile : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 19-23)
Je ne vous apprends rien en vous disant que notre monde manque de carburant.
Le détroit d’Ormuz, fermé depuis début mars, voyait passer environ 20 millions de barils par jour, ce qui correspond à 20% de la demande mondiale.
Pourquoi l’énergie est-elle si importante dans nos économies modernes ?
C’est parce que c’est elle qui permet de transformer le monde. Vous regardez les courbes du PIB mondial et les courbes de consommation d’énergie fossiles, elles sont parfaitement corrélées.
Jean-Marc Jancovici qui était auditionné par une commission parlementaire rappelait qu’aujourd’hui un camion sur 4 transporte quelque chose qui se mange. Si demain les camions disparaissent, les villes meurent de faim.
Autant vous dire qu’on ne se dirige probablement pas vers des jours de moindre tension concernant ces sujets d’approvisionnement en ressources naturelles.
Et c’est pourquoi en ce jour de Pentecôte, il m’a semblé judicieux de vous parler d’une autre sorte d’énergie qui transforme le monde : l’Esprit Saint. Contrairement aux énergies fossiles, elle a sa propre volonté et sa liberté, car c’est une personne.
Notre monde va en avoir besoin plus que jamais pour apaiser les tensions et faire émerger une intelligence et une sagesse individuelle et collective.
L’Église a très rapidement donné des attributs à ce souffle divin “qui donne la vie et qui sanctifie tout chose” (cf prière eucharistique n°3) : le donateur de vie, le défenseur, le paraclet (i.e. l’avocat), le consolateur, le pacificateur, la fontaine intarissable, …
L’Esprit Saint, c’est le souffle d’amour de Dieu et de Jésus qui est à l’œuvre dans le monde et en particulier dans nos cœurs d’hommes et de femmes.
Avant de partir, Jésus avait annoncé à ses disciples qu’il ne les laisserait pas orphelins.
Comme il le dit dans l’évangile de Jean (chap 17) :
« Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître,
pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. »
Le pape François disait ceci sur l’Esprit Saint lors de la messe de Pentecôte de 2023 alors qu’un Synode sur la synodalité se tenait :
« Voilà le rôle de l’Esprit : Il est celui qui, à l’origine et en tout temps, fait passer les réalités créées du désordre à l’ordre, de la dispersion à la cohésion, de la confusion à l’harmonie. …)
En un mot, Il donne l’harmonie au monde. Il « conduit ainsi le cours des temps et rénove la face de la terre » (Gaudium et spes, n. 26 ; Ps 104, 30). Il renouvelle la terre, mais attention : non pas en changeant la réalité, mais plutôt en l’harmonisant ; c’est son style, parce qu’Il est en lui-même harmonie.
Et il ajoute, écoutez bien :
(…) Sans Lui, l’Église est inerte, la foi n’est qu’une doctrine, la morale qu’un devoir, la pastorale qu’un travail. »
Alors, vous savez bien qu’il faut aller à la pompe pour recharger son réservoir d’essence.
Et bien, avec l’Esprit Saint, notre carburant du ciel, c’est la même chose : il nous faut régulièrement venir puiser à la source, dans cette source d’amour inépuisable qui a été ouverte entre ciel et terre sur la croix, par le côté de Jésus d’où sortait de l’eau et du sang. L’eau c’est l’amour humain, le vin c’est l’amour divin. Voilà ce que Marie, peut-être d’ailleurs sans se rendre compte de la valeur prophétique de sa parole, annonçait aux noces de Cana lorsqu’elle disait à son fils « ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3). Autrement dit, ils ont besoin de toi pour boire de cet amour divin qui circule entre Toi et ton Père.
C’est ce que dit aussi Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. »
Maintenant, il reste un point important à considérer : Comment savoir si c’est le bon carburant qu’on met dans notre réservoir ?
Bah oui, il ne faut pas se tromper de carburant, sinon on risque d’abîmer notre moteur. Pour l’âme c’est pareil, si vous vous trompez d’Esprit, vous allez abîmer votre âme. Et après il faudra réparer le moteur ! (l’exorciste du diocèse de Vannes nous disait à quel point il récupérait dans un sale état des gens qui avait touché un peu à tout ce qui existe en matière d’ésotérisme).
Pour le carburant, c’est facile de ne pas se tromper, c’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus.
Eh bien pour l’Esprit Saint, c’est aussi écrit dessus car figurez-vous qu’il porte des fruits qui ne trompent pas. Un des fruits les plus visibles, c’est la paix intérieure.
Combien de personnes sont tourmentées par de la culpabilité, de la jalousie, de l’envie, des désirs de toute puissance, … ce que les pères du désert appelaient « des passions désordonnés ».
Le pape François, dans sa catéchèse sur le discernement, nous rappelle cela : l’Esprit Saint peut nous troubler temporairement, car il nous déplace dans notre confort quotidien. Mais ce trouble ne dure pas, rapidement, il apporte la paix et la joie. Donc si vous êtes inspiré par une pensée ou une décision que vous avez prise et que cela vous trouble sur la durée, alors c’est que vous n’êtes pas en train de mettre le bon carburant dans votre moteur spirituel.
On le voit aussi dans le texte d’évangile d’aujourd’hui : Le mauvais esprit nous enferme sur nous-même. Les disciples se sont enfermés par peur des juifs, et Jésus lorsqu’il arrive dit à deux reprises « La paix soit avec vous ». Il vient apaiser leur cœur par sa présence.
Et non seulement il les apaise, mais aussitôt après il les envoie, il les met en route car ce qu’il veut c’est une Église en sortie : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Bref, pas seulement à la Pentecôte, mais chaque jour, faisons le plein d’Esprit Saint et ne restons pas seuls dans notre véhicule spirituel mais covoiturons avec ceux et celles que nous croisons et qui sont à court de cette essence qui met en mouvement nos âmes.
Oui, notre monde va avoir plus que jamais besoin d’une essence et c’est cette essence divine qui veut demeurer en nous.

Je suis une personne handicapée physique de naissance, née le 15 novembre 1962.
Ordonné prêtre depuis juillet 1989, j’ai exercé mes ministères partagés entre ma mission en paroisse et auprès de plusieurs Mouvements et Services d’Église. De 2011 à 2020, j’ai vécu une première expérience à la paroisse St Augustin. Après un départ de trois ans vers sept missions, me voici nommé parmi vous, pour vous et avec vous, curé de la paroisse.
Ma vie de foi est soutenue par la source de Dieu à laquelle je puise dans la prière, la Parole de Dieu et l’eucharistie, et m’abreuve de la spiritualité de saint Charles de Foucauld. Les rencontres humaines sont également pour moi un lieu de « visitation » où je me laisse éclabousser par la présence de Jésus, en me « plongeant » dans son mystère pascal de vie, de mort et de Résurrection.
Je n’oublie pas de me mettre humblement à l’écoute du Souffle de Dieu, c’est lui qui fait l’unité de ma vie, qui m’appelle à la conversion et me titille, pour m’économiser et garder du temps pour moi.
« Je suis venu pour que les êtres humains aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »
Ce verset de Jean 10, 10 me booste, je suis un gourmet et même un passionné de vie.
Très attentionné à l’actualité de notre humanité, entre beauté et souffrance, je me définis comme un positif réaliste aimant les balades en pleine nature (accessibles, c’est mieux !), la lecture, la création artistique, la rencontre de l’autre différent de moi, l’humour, etc.

Albert Kousbe est né en 1978 à Nango au Burkina Faso.
De 1999 à 2006, il fait ses études au grand séminaire. Il est ordonné prêtre le 1er juillet 2006 à Ouahigouya.
Sa devise sacerdotale est « Avec Toi Marie« .
De 2006 à 2008, il est professeur-éducateur au petit séminaire de Ouahigouya.
De 2008 à 2014, il est directeur diocésain de l’enseignement catholique de Ouahigouya.
De 2014 à 2021, il est curé de la paroisse Sainte Bernadette Soubirous de Boussou/Ouahigouya.
En septembre 2021, il est nommé prêtre auxiliaire de la paroisse Saint Augustin.
Il aime beaucoup la lecture et aller au cinéma. Il aime également jouer au football et faire de la marche.

Paul Bosse-Platière (né en 1937) est diacre depuis 1982. Marié à Brigitte ; ils ont cinq enfants et onze petits-enfants. Ancien journaliste et notamment informateur religieux à Ouest-France. Il a assuré pendant plusieurs années un service d’accompagnement spirituel.

Vincent Hallaire, né en 1954, a été ordonné diacre en 2013. Il est marié à Bénédicte, ils ont cinq enfants et treize petits-enfants.
Vincent était chercheur à l’INRAE. Il est aujourd’hui responsable diocésain du service de l’accompagnement spirituel. Sur la paroisse, il accompagne le groupe Présence.

Vincent Mahé a été ordonné diacre permanent le 1er mars 2020. Marié depuis 1998 avec Noëlie, il a 4 enfants.
Il est investi auprès des Collectifs du 6, rue de l’Hôtel Dieu, qui assurent une présence et un soutien auprès des personnes en grande précarité ou dans l’isolement.
Il travaille dans les laboratoires de recherche et développement d’Orange. Il est particulièrement sensible aux différentes formes d’exclusion numérique.
Depuis septembre 2024, il est délégué diocésain à l’œcuménisme.